Daniela Moretti
Chacun choisit le sport pour ses propres raisons. Personnellement, je me suis tournée vers le Pilates pour freiner la dégénérescence de ma colonne vertébrale et pour surmonter les douleurs chroniques au dos qui me rendaient la vie infernale. Dans la jeune trentaine, les médecins m’ont annoncé que j’avais la colonne d’une personne de 65 ans et que je devrais apprendre à vivre avec les limitations que cela m’imposerait. Mais j’avais d’autres plans car je souhaitais réaliser un rêve de jeunesse.
Quelles étaient les causes de mes problèmes? À peu près tout ce que je faisais! Esprit stressé, corps fatigué, respiration peu profonde, mauvaise posture, fatigue musculaire extrême, je m’étais forgé un environnement parfait pour la douleur chronique et la dégénérescence de la colonne vertébrale. Et comment je m’y prenais pour relâcher la tension? En me poussant continuellement à aller toujours plus vite et plus loin. Quelle belle philosophie que le stress!
Or, depuis l’âge de 12 ans, je caressais le rêve de faire de l’équitation et d’apprendre l’art du dressage. La vie étant ce qu’elle est, mon rêve était resté lettre morte, d’autant que les maux de dos que j’endurais depuis mes 21 ans ne faisaient qu’empirer. L’équitation est un sport d’impact, ce qu’une colonne en pleine dégénérescence ne peut tolérer. Mon expérience avec le sport équestre est donc rapidement devenue une lutte interminable contre la douleur, l’inconfort et la frustration. Même avec le Pilates, il m’aura fallu des années de discipline et d’acceptation pour reconstruire ma puissance et pour apprendre à relâcher la tension émotionnelle à la source de mes problèmes. Ma colonne vertébrale est encore et demeurera toujours fragile et vulnérable, mais les muscles qui l’entourent ont maintenant assez de tonus pour la protéger. Si bien qu’aujourd’hui, je monte à cheval de façon régulière, sans éprouver de douleur.
Le Pilates a été salutaire pour moi. J’ai appris à prendre les commandes de mon propre bien-être, à écouter les limites de mon corps et à utiliser la respiration pour réduire mon anxiété. Je me suis également mise à penser constamment à ma posture. Cela semble difficile, mais en réalité, c’est plutôt simple. En fait, le corps veut se tenir droit naturellement. Ce sont les faiblesses musculaires et les mauvaises habitudes qui génèrent une mauvaise posture. J’en suis venue à comprendre et à apprécier l’importance des étirements dans un programme régulier d’entraînement, ce qu’il est impossible de faire correctement lorsque notre esprit part constamment dans tous les sens. Après avoir pu apprécier personnellement les si nombreux bénéfices du Pilates, j’ai choisi de passer l’étape suivante et logique: l’enseigner.
Dans notre société où tout roule à vitesse grand V, l’entraînement physique suit des tendances souvent passagères. Je suis un jour tombée sur un article intitulé «Le Pilates est-il une folie passagère?» et cela m’a beaucoup attristé. Le Pilates est une méthode, un style, une façon anatomiquement correcte de bouger son corps dans un objectif préventif. Le Pilates devrait faire partie de tous les programmes d’entraînement. Car il n’existe pas de solution miracle, ni de façon rapide pour améliorer son corps. Il faut de l’engagement et du travail. Ce sont les éléments essentiels à l’atteinte de véritables résultats, qui eux, dureront toute la vie!
Il y a environ 90 ans, Joseph Pilates prédisait que trop d’exercice pouvait faire plus de tort que de bien. «Cette erreur crée un puissant poison de fatigue musculaire», a-t-il dit. Sa méthode, il l’a nommée «contrôlogie», parce qu’elle enseignait la maîtrise de l’esprit pour arriver à contrôler le corps.
Le temps, la gravité et l’entraînement intensif contribuent à comprimer et à raidir notre corps. Le Pilates peut aider à renverser ce processus. Selon les physiothérapeutes, le Pilates est efficace pour réparer les dommages aux tissus mous, et la précision des mouvements de cette méthode améliore la mémoire musculaire dans tous les sports, ce qui permet de prévenir les blessures, de favoriser l’équilibre et d’augmenter la coordination. Voilà pourquoi le Pilates gagne rapidement en popularité, attirant de nombreux athlètes, artistes et gens de tous les âges et de toutes conditions physiques.
Depuis quelques années, plusieurs nouvelles écoles enseignant différentes formes de Pilates ont ouvert leurs portes. Ces méthodes partagent toutes l’aspect fondamental et le plus profond enseigné par Joseph Pilates: la puissance interne comme moyen de stabilisation. La plupart intègrent les mêmes mouvements de base de façons variéesdans leur programme. Car le Pilates peut être enseigné pour travailler la puissance ou pour la relaxation. Quelle est la différence entre toutes ces écoles? Tout dépend de l’emphase qu’a voulu y mettre son inventeur, mais il importe de se rappeler qu’un bon programme doit combiner travail en puissance et étirement de façon égale. Le Pilates continuera d’adopter de nouvelles formes au fur et à mesure que notre compréhension du vieillissement augmentera, puisque qu’aucune des formes actuelles n’offre toutes les réponses pour soulager la douleur chronique, rester en forme et exceller dans les sports. En fait, le choix d’une école ou d’une autre demeure question d’intérêts personnels et devrait être basé sur notre type de corps. Mais une règle s’impose: tout mouvement douloureux devrait être évité, de même que trop de répétions du même exercice. Car la condition physique et la position du corps sont les essences de chaque exercice.
Personnellement, mon objectif consiste à vous donner les outils dont vous aurez besoin pour vous arrêter et vous écouter, afin de ne pas aller à l’encontre de votre nature profonde. Aujourd’hui, je suis dans la quarantaine. Être brûlée après un entraînement, j’ai connu ça toute ma vie. Ce n’est plus ce que je recherche aujourd’hui et je n’ai jamais été aussi en forme. Mes muscles ont du tonus, je me sens bien, j’ai une démarche gracieuse et j’ai l’énergie nécessaire pour accomplir toutes les activités que j’aime et que je n’avais ni le temps, ni les moyens de faire quand j’étais plus jeune. Ce que je veux pour l’avenir? Je veux poursuivre ces activités sans me blesser, je veux un esprit qui est plus positif que négatif et qui peut faire face à la vie avec cohérence et solidité. Et la clé pour y arriver est sans conteste la simplicité! Car si nous poursuivons des buts réalistes, notre corps changera avec l’âge, mais nous serons les seuls à pouvoir décider quelle ampleur prendront ces changements. Tout est question d’attitude: embrassons le changement et gardons une attitude saine.
En terminant, j’aimerais remercier tous mes clients, puisqu’ils contribuent à rendre mon travail très gratifiant et tellement agréable! Je salue tout particulièrement Janet Wagner, Sylvie Tessier, Dana Sterling, Odette Dubois, Marie-Christine Thiffault, Janette Bertrand, Michelle Labreche et Janine Sutto, qui m’ont toujours aidé et encouragé dans mes objectifs.
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